Jean-Léon Le Prévost (1803-1874)
C'est en 1825 que Jean-Léon Le Prévost (1803-1874) quitte le Collège de Lisieux pour monter à Paris, plein de doutes et déprimé. Il entre comme fonctionnaire au service de Mgr. Frayssinous, premier aumônier du roi et ministre des Cultes. Artiste dans l'âme, Le Prévost fréquente activement le monde des lettres et des arts. Il s'entretiendra même avec Victor Hugo. C'est par son ami poète Victor Pavie que Le Prévost est introduit dans certains cercles catholiques parisiens des années 1830. Il y croise sans doute Frédéric Ozanam dans le salon de Montalembert, pair de France et animateur de l'opposition catholique libérale. "Nous avons parlé de la misère du peuple, se souvient Ozanam, et nous en avons tiré des tristes présages pour l'avenir." Ozanam et ses compagnons déjeunent régulièrement dans un modeste restaurant, que fréquente aussi Le Prévost. Ozanam l'invite à rejoindre la toute jeune conférence de charité. Ce sera le début d'une véritable vocation vincentienne. Aux côtés des Filles de la Charité du faubourg Saint-Marceau, Jean-Léon Le Prévost découvre et partage la spiritualité vincentienne, en particulier dans le sillage de la Supérieure, Soeur Rosalie Rendu. C'est en février 1834, pendant une réunion, que Le Prévost demande que l'oeuvre naissante se mette sous la protection de Saint Vincent de Paul et célèbre sa fête.
Fin 1836 Le Prévost accepte la présidence d'une conférence à Saint-Sulpice. Forte de 140 membres actifs, elle est surnommée "la reine des conférences", multipliant les oeuvres dans la paroisse. Inédit pour cette époque, Le Prévost crée un groupe de parole ("La Sainte-Famille"), qui réunit dans le partage et la convivialité des familles indigentes deux dimanches par mois. Aux côtés d'Emmanuel Bailly (premier président historique), Jean-Léon Le Prévost deviendra en 1835 le premier vice-président du Conseil général de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. En mars 1845, devant Mgr. Angebault (évêque d'Angers) et le reliquaire de Saint Vincent de Paul, Jean-Léon Le Prévost entre en religion et fonde avec deux autres compagnons les Religieux de Saint-Vincent-de-Paul pour l'évangélisation des milieux populaires.
