Mercredi 7 avril 2010
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"Mais nous, petits poissons, selon notre ikhthus (poisson) Jésus-Christ, nous naissons dans l'eau, et nous ne sommes sauvés qu'en demeurant dans l'eau." Telle
est la première attestation symbolique de l'acronyme "ikhthus" (poisson) dans le traité Du Baptême écrit par Tertullien, vers l'an 200. Demeurer dans l'eau
comme un petit poisson, c'est persévérer dans la grâce du baptême. Saint Augustin complétera ce symbolisme en faisant correspondre les cinq lettres
de "ikhthus" à cinq mots: Jésus, Christ, Dieu, Fils, Sauveur (Jésus-Christ sauveur et fils de Dieu). Pour Saint Augustin, "ikhthus" est un nom mystique de
Jésus-Christ. Les premiers chrétiens de l'Antiquité, qui étaient persécutés par les autorités romaines, utilisaient ce symbole pour se reconnaître entre eux, comme la colombe et la
nacelle. Dans l'art paléochrétien, le poisson, seul ou double, désigne soit le chrétien, soit le Christ, soit la pêche symbolique
(« pêcheur d'hommes »), soit la pêche miraculeuse, soit la nourriture sur la table (agapes), ou encore la multiplication des pains et des poissons.
La Société de Saint-Vincent-de-Paul a adopté ce symbole du poisson, gravé
notamment dans les catacombes de Rome (photo). Parce que toute son oeuvre de solidarité et de lutte contre la misère est réalisé par des laïcs. Lesquels persévèrent chaque jour
dans la grâce de leur baptême, en se consacrant à Jésus-Christ, par un service assidu et besogneux auprès des pauvres.
Par olivierlendo@msn.com
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Publié dans : Société de Saint-Vincent-de-Paul
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Mardi 2 mars 2010
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"Regardons le Fils de Dieu: oh ! quel coeur de charité ! quelle flamme
d'amour ! (...) O Sauveur ! ô source de l'amour humilié jusqu'à nous et jusqu'à un supplice infâme, qui en cela a plus aimé le prochain que vous-même ? (...) Il n'y a que
Notre-Seigneur qui soit si épris de l'amour (...). O messieurs, si nous avions un peu de cet amour, demeurerions-nous les bras croisés ? Ceux que nous
pourrions assister, les laisserions-nous périr ? Oh ! non, la charité ne peut demeurer oisive." Entretien spirituel de Saint Vincent de Paul aux Lazaristes (Costes-XII,
264).
Par olivierlendo@msn.com
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Dimanche 28 février 2010
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"Oui, l'assistance humilie, quand elle prend l'homme par en bas, par les besoins terrestres
seulement, quand elle ne prend garde qu'aux souffrances de la chair, au cri de la faim et du froid, à ce qui fait pitié (...) L'assistance humilie, si elle n'a rien de réciproque, si vous ne
portez à vos frères qu'un morceau de pain, un vêtement, une poignée de paille que vous n'aurez probablement jamais à lui demander, si vous le mettez dans la nécessité douloureuse pour un
coeur bien fait de recevoir sans rendre (...). Mais l'assistance honore quand elle prend l'homme par en haut, quand elle s'occupe (...) de tout ce qui le rend libre, et de tout ce qui peut le
rendre grand. L'assistance honore quand elle joint au pain qui nourrit la visite qui console, le conseil qui éclaire, le serrement de main qui relève le courage abattu; quand elle traite le
pauvre avec respect, non-seulement comme un égal, mais comme un supérieur (...). Alors l'assistance devient honorable parce qu'elle peut devenir mutuelle, parce que tout homme qui donne une
parole, un avis, une consolation aujourd'hui, peut avoir besoin d'une parole, d'un avis, d'une consolation demain, parce que la main que vous serrez serre la vôtre à son tour, parce que la
famille indigente que vous aurez aimée vous aimera (...)". Article écrit par Frédéric Ozanam en octobre 1848 dans les colonnes de l'Ere Nouvelle.
Par olivierlendo@msn.com
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Dimanche 25 octobre 2009
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"Nul frère du Temple ne peut entrer si ce ne fut qu'il devint malade." Telle était la règle
primitive des moines-soldats de l'Ordre de Saint-Lazare-de-Jérusalem. Fondé au XIe siècle, cet ordre de moines lépreux était voué à l'isolement
et la solitude perpétuelle. Ils formaient une des confraternités les plus anciennes de la chrétienté. Connus comme "lazaristes" ou "lazarites", les
moines hospitaliers prenaient soin des lépreux dans des commaderies (léproseries fortifiées) réparties dans le Proche-Orient et par toute l'Europe. Leurs
commanderies étaient défendues militairement par les moines eux-mêmes. Paris disposait de sa léproserie dans le faubourg Saint-Denis. La commanderie de Paris fut fondée au
début du XIIe siècle. Elle avait été dotée de terrains considérables qui formaient l'enclos Saint-Lazare. C'est en 1632 que Saint Vincent de Paul et ses
missionnaires quittent le Collège des Bons-Enfants pour s'installer dans l'ancienne léproserie. Monsieur Vincent y prêcha et y mourut. Les prêtres de la Mission reçurent rapidement le surnom de "lazaristes", à l'instar des moines lépreux
qui avaient occupé les lieux avant eux. Pillé et saccagé en 1789, converti en prison sous la Terreur, puis en prison de femmes sous Louis XVIII, le prieuré Saint-Lazare a
été démoli en 1940. Une grande église Saint-Vincent-de-Paul de style classique a été construite en 1844 sur l'emplacement de l'enclos (place Franz Liszt). La
maison-mère des Lazaristes a été installée en 1817 dans l'ancien hôtel de Lorges, en compensation des biens confisqués à la Révolution. Il
s'agit d'un hôtel particulier de style baroque, ayant appartenu au Maréchal de Lorges (1630-1702), un chef de guerre de Louis XIV.
Par olivierlendo@msn.com
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Samedi 24 octobre 2009
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18:04
"Elles auront (...) pour monastère une maison de malades, pour cellule une chambre de louage, pour cloître les rues de la ville ou les salles des hôpitaux." C'est ainsi
que Saint Vincent de Paul définira la condition des Filles de la Charité. Cette idée innovante n'est pas tombée du ciel. La première d'entre les Filles de la
Charité montrera à Monsieur Vincent le chemin à prendre. Il parcourt la campagne parisienne avec ses missionnaires quand Marguerite Naseau croise sa route.
Elle est vachère à Suresnes (Hauts-de-Seine). Depuis 1617, les confréries de charité secourent les pauvres des campagnes, mais avec des moyens humains
limités. Car les confréries réunissent des dames de condition qui se tiennent à l'écart des corvées. Elles font parfois appel à leurs servantes pour les assister. Mais
la misère du monde rural est immense. Des mercenaires sans aveu rançonnent les paysans, pillent le bétail, dévastent les récoltes, quand ce n'est pas le
Cardinal-Ministre qui lève de nouveaux impôts pour financer des guerres. La famine et le désespoir sont partout. Monsieur Vincent et ses missionnaires passent
par Suresnes, un village en bordure de Seine, non loin de Paris. Marguerite Naseau est une vachère qui s'est instruite pour apprendre aux enfants du village à
lire. Elle a 36 ans quand elle suit Monsieur Vincent pour épauler les missionnaires. De retour de mission en février 1630, Monsieur Vincent confie
Marguerite Naseau à Sainte Louise de Marillac. Se forme alors une intuition chez Louise de Marillac, qu'elle défendra auprès de Monsieur Vincent encore sceptique: former une
compagnie de servantes des pauvres. Contrairement aux dames des confréries, la jeune recrue de Suresnes ne recule devant aucune corvée. D'autres paysannes
suivront son exemple et rejoindront la mission. Marguerite Naseau est considérée comme la première Fille de la Charité. Une nouvelle pandémie de peste noire
se propageait alors en Europe, dépeuplant le sud de la France et remontant jusqu'à l'Angleterre. Marguerite Naseau en mourra en février 1633 après avoir donné son lit à une femme qui en
était atteinte. En son hommage, une place porte aujourd'hui son nom dans la ville de Suresnes.
Par olivierlendo@msn.com
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